
Comme le titre l'indique, le débat du jour s'élargit au monde.
Pour le lancer, nous retrouvons Nicolas GAUTREAU. Il brosse un tableau très riche sur l'eau dans le monde et la complexité du problème :
D'abord, sur 1,4 milliard de kilomètres cube d'eau, mers et océans en comptent 97% alors que seuls 0,7% sont utilisables par l'homme, dont 60% à la disposition de 9 pays (Etats-Unis, Russie, Canada, Australie,...) ; ajoutons qu'un américain consomme 2000m3/an contre 7m3/an pour un haïtien.
Si 85% de la population mondiale vit dans les zones les moins riches en eau, on sait aussi qu'en 2050, la situation sera critique.
Selon les régions, il faut 800 à 4000 litres d'eau pour 1kg de blé et 2000 à 16000 litres pour 1kg de boeuf!
En moyenne pour le monde, 70% de l'eau va à l'agriculture, 20% à l'industrie, les 10% restant à la consommation domestique (19% en France). Les fuites dans les réseaux font perdre jusqu'à 40% de l'eau distribuée.
On sait encore que 5000 enfants meurent chaque jour de maladies liées à l'eau non potable.
Les problèmes posés sont nombreux : réchauffement climatique, population en augmentation, captages abusifs, salinisation, terres cultivables irriguées à l'excès ...
Des solutions existent - certaines en cours, parfois discutées -: micro-irrigation, récupération de l'eau de pluie, cultures mieux adaptées au climat (coton qui épuise la mer d'Aral, ou en Grèce!), barrages africains, pompage des nappes souterraines, dessalinisation de l'eau de mer pour l'eau potable... coûteuse en énergie, nécessaire reforestation (Amazonie), possibilité de transfert/vente d'eau d'un pays à l'autre...

Bien entendu, les enjeux géopolitiques sont loin d'être négligeables : 3600 traités dans l'histoire sont liés à l'eau, le premier connu il y a 4500 en Mésopotamie (déjà le Tigre et l'Euphrate).
L'eau est un sujet de tensions entre pays, voire de conflit : Israël et ses voisins, les 22 barrages turcs sur les fleuves cités plus haut, autour du Lac Victoria, l'Amour entre la Chine et la Russie, etc.
Le droit international s'est aussi penché sur la question:

Convention de Barcelone en 1921 (chaque pays maître chez lui), convention des Nations Unies en 1997 (notion de bassin) non ratifiée par manque de pays signataires ; puis déclaration du millénaire en 2000, puis Kyoto, Mexico ; rapport de l'ONU en 2009 (développement des pays du sud ; assainissement ; 1 chinois mange deux fois plus de viande qu'il y a 20 ans,...).
La prise de conscience internationale est évidente, mais reste sans effet.
Le petit déjeuner servi offre un court moment pour réfléchir à ce vaste panorama...
Les questions suivent, mais reviennent inévitablement sur la situation locale comme sur la question des barrages du Cher. Les eaux pluviales emportées par les drainages, le bitume et le béton vers les cours d'eau au détriment des nappes phréatiques. En fait, la baisse de ces nappes est aussi liée aux pompages plus importants pendant les sécheresses.Un certain pessimisme transparaît dans cette discussion : il faut investir, peut-être même faut-il des actions coercitives dU FMI, de l'OMC, et nous voilà dans la diplomatie bien lourde.
Nous remercions Nicolas GAUTREAU de sa fructueuse participation éclairant quelque peu cette immense question de quelle eau pour demain?
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Faisant suite à ce petit-déjeuner-débat, vous pouvez noter que le 10 décembre prochain, parmi les thèmes des soirées 2009/2010, mises sur pied par le CNP (Cinéma National Populaire) aux "cinémas Studio", Les Amis du Monde Diplomatique et Saint-Avertin-Avenir vous proposent le sujet suivant : De l'usage de l'eau jusqu'à son épuisement (titre non définitif).*********************
Prochain petit-déjeuner-débat :
le 14 novembre, toujours au Bistro du Lac, à 9h.
Thème : Les Retraites, avec Gérard GAUME
à suivre...
le 14 novembre, toujours au Bistro du Lac, à 9h.
Thème : Les Retraites, avec Gérard GAUME
à suivre...
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