vendredi 27 mai 2011

Soirée CNP: "les lois liberticides"

Pour cette dernière soirée de la saison 2010/2011 du CNP, nous étions une cinquantaine de personnes dont six saint-avertinois.

Il fut projeté quasiment une heure de cette longue étude documentaire réalisée en 2007 par le collectif "Panic", intitulé "Braves gens, n'ayez plus peur", nous décrivant les années précédentes marquées déjà par l'accumulation des lois sécuritaires, ajoutant le poids des médias dans l'instrumentalisation de la peur; par exemple, sur un an, dans ses journaux de 13h et 20h, TF1 relata plus de 1100 faits d'insécurité divers contre seulement deux cas d'insécurité sociale (type accidents du travail ou de trajet).

Lors de la discussion, le large exposé de Jean-Claude VITRAN, de la Ligue des Droits de l'Homme et du Citoyen, décrivit la multitude de fichiers existant relatifs à la sécurité, à la justice, avec les erreurs fréquentes qu'ils contiennent, le non respect aussi fréquent de la durée d'inscription dans ces fichiers; en fait, on peut considérer que presque toute la population, hormis les enfants, figure dans un fichier, souvent interconnecté à d'autres malgré l'illégalité de cela.

On en vint aussi à la question des caméras de vidéosurveillance, au coût aussi exorbitant qu'elles se montrent inefficaces dans la lutte contre la délinquence. On mesura alors notre méconnaissance du sujet : une seule personne put dire qu'il y avait plus de 130 caméras à Tours où quelques dizaines nouvelles seront installées! Nous nous laissons porter par une vague sécuritaire sans user de nos droits de citoyens pour savoir exactement ce qu'il sest fait de notre liberté individuelle. A nous d'interroger nos élus ...

Bien entendu, la question des "Voisins Vigilants", qui touche Saint-Avertin, fut abordée. Et chacun d'admettre qu'il y a là engagement de responsabilité des référents, risque de délation, etc. En fait, ce système d'origine anglo-saxonne, n'apporte rien à la sécurité des quartiers. C'est encore un moyen d'entretenir la peur, et de substituer au rôle de l'état des citoyens ordinaires.

Voilà une soirée riche en réflexion sur la démocratie que nous vivons, à la limité d'une dérive totalitaire selon l'expression de JC Vitran...

Aux citoyens que nous sommes de réagir.

Et les échanges se poursuivirent encore un long moment dans le hall des Studios.

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